La chute

Verdict en septembre : j’ai réussi la totalité de mes crédits. Au détriment de vraies vacances et de ma santé mais voilà, le sacrifice était fait et il semblait porter ses fruits, mes crédits obtenus en étaient la preuve. Je n’avais malheureusement pas pris assez de recul et les résultats des rattrapages étant 1 semaine avant la rentrée, je me suis réinscrite pour poursuivre mon cursus et entamer ma 2ème année d’architecture. Quoi de plus normal, surtout en sachant que la première année est toujours plus compliquée vu tout les changements et demande d’adaptation qu’elle nécessite. J’avais donc plus de chances de passer une meilleure année, selon moi.

Ce que je n’avais pas pris en compte, c’est que le mal que l’on fait à son corps comme lui refuser des nuits de sommeil suffisantes, le laisser baigner dans le stress sur le long terme et ne plus lui apporter une nutrition correcte, c’est qu’à un moment, il te le fait payer. Je suis donc tombée malade avant même d’atteindre la première période de vrai stress, le jury de décembre et le blocus. À partir de là, c’est la décadence de ma force à continuer mes études, la décadence de mon estime de moi…Sous certificat médical, je lutte contre le désir (malsain) de replonger dans mes travaux à rattraper, j’essaye de comprendre si c’est temporaire ou déterminant ce désir de repos. Je n’arrêtais pas de réfléchir, j’avais du mal de décrocher des cours malgré mon état, c’était infernal.

Mai 2020, je lâche prise. Je décide d’abandonner l’université à la capitale et revenir étudier près de chez mes parents. J’avais besoin de soutien pour ne pas couler encore plus, j’avais besoin d’aide et de repos…encore…Je me lance alors en infographie, à une vingtaine de minutes en voiture de chez mes parents, dans le borinage. Et là, honte d’être revenue comme un soldat revenant de défaite après être parti plein d’espoir et honte faire un gros pas en arrière niveau autonomie : je revenais chez mes parents alors que j’habitais seule, je passais de la capitale européenne Bruxelles à Mons, ville grise du borinage, je descendais d’un cran d’études supérieures, je passais d’université à haute-école…